RDC : L’activiste Oline Balume dénonce une « atteinte grave au droit à l’éducation » après l’obligation des frais scolaires au primaire par l’AFC-M23

L’activiste des droits humains Oline Balume hausse le ton face à la décision des autorités de l’AFC-M23 d’imposer désormais des frais scolaires aux parents d’élèves Am à l’école primaire dans les zones sous leur contrôle au Nord-Kivu. Elle y voit une mesure injuste qui va alourdir davantage le poids de la crise sur des familles déjà durement éprouvées par plusieurs années de guerre.

Elle dénonce une mesure qu’elle considère comme une atteinte grave au droit à l’éducation et aux principes consacrés par la Constitution de la République démocratique du Congo.

Pour Oline Balume, le contexte dans lequel cette décision intervient est particulièrement préoccupant. Après plusieurs années d’insécurité, de déplacements de populations et de difficultés économiques liées aux tracasseries et aux violations des droits humains attribuées à la rébellion de l’AFC-M23, les familles vivant dans les zones concernées se retrouvent confrontées à une nouvelle charge financière.

« On ne peut pas demander davantage aux parents qui ont déjà tout perdu dans les tracasseries et les violations des droits humains commises par la même rébellion de l’AFC-M23. L’éducation des enfants est un droit inaliénable », dénonce-t-elle, appelant les différents acteurs à ne pas rester silencieux face à cette situation.

Face à ce qu’elle qualifie de recul dans l’accès à l’éducation, l’activiste  invite la population à tenir bon face à cette douloureuse situation et appelle également la communauté internationale à agir.

Oline Balume appelle notamment l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à se saisir de la question et à exercer une pression sur les autorités de l’AFC-M23 afin d’obtenir l’abandon de cette mesure.

Pour elle, le droit à l’éducation doit rester protégé, y compris dans les territoires affectés par les conflits armés.

« La communauté internationale, particulièrement l’UNESCO, doit faire pression pour que cette forfaiture ne puisse pas aboutir et que les enfants continuent à bénéficier de leur droit fondamental à l’éducation », estime-t-elle.

La réaction d’Oline Balume intervient après la décision des autorités de l’AFC-M23 de mettre fin à la gratuité de l’enseignement primaire dans les zones qu’elles contrôlent au Nord-Kivu.

Selon l’arrêté provincial pris par ces autorités, des frais scolaires obligatoires sont désormais imposés aux parents. Ceux-ci doivent être payés trimestriellement sur un compte ouvert à la CADECO.

Au niveau primaire, les montants fixés varient entre 5 000 et 45 000 francs congolais par élève et par trimestre. Au secondaire, les frais peuvent atteindre 240 000 francs congolais, notamment dans les filières techniques et professionnelles.

Le texte prévoit également des mesures contraignantes à l’encontre des responsables d’établissements qui ne respecteraient pas les procédures de perception et de reversement des frais scolaires. Les chefs d’établissement concernés peuvent ainsi faire l’objet de sanctions administratives.

Plus préoccupant encore, les élèves dont les frais ne sont pas payés peuvent, selon les dispositions de l’arrêté, être exclus de leur établissement ou privés de certains services scolaires, conformément aux modalités fixées par le document.

Pour Oline Balume, cette nouvelle réglementation risque surtout de toucher les ménages les plus vulnérables, alors que de nombreuses familles du Nord-Kivu vivent déjà dans des conditions difficiles en raison de l’occupation rebelles.

Son intervention remet ainsi au centre du débat la question de l’accès des enfants à l’éducation dans les territoires affectés par la guerre, mais aussi celle du respect des droits fondamentaux des populations civiles.

À travers son appel à l’UNESCO et à la communauté internationale, Oline Balume souhaite voir les acteurs internationaux s’impliquer davantage afin d’empêcher que les contraintes financières ne deviennent un obstacle supplémentaire à la scolarisation des enfants dans les zones sous contrôle de l’AFC-M23.

Ilunga Mubidi Oscar

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *