Le Collectif des Sociétés Civiles Actives au Congo (CSCA-C) hausse le ton contre la gestion de la province du Nord-Kivu. Dans une déclaration nationale référencée N°016/CSCA-C/CN/CIB/2026, le Collectif met directement en cause le Gouverneur Militaire, le Général-Major Évariste Somo Kakule, qu’il accuse notamment d’« incompétence », de « tribalisme » , d’un Commissionnaire et de mauvaise gestion.
Le Comité National attendu, la déclaration a été Signée par son Président et Porte-Parole National Mr Cherubin BADESIRE, qui, en s’adressant à l’opinion nationale et internationale ainsi qu’aux autorités congolaises dresse une longue série de griefs contre l’administration provinciale. Le CSCA-C estime notamment que la persistance de l’insécurité dans plusieurs zones du Nord-Kivu traduit, selon lui, une incapacité des autorités à assurer efficacement la protection des populations et de leurs biens étant donné que le Gouverneur Militaire est aussi chargé des opérations militaires.
Le collectif évoque notamment les massacres de civils récemment enregistrés dans la province. Il reproche au gouverneur de ne pas avoir, suffisamment manifesté sa compassion envers certaines familles endeuillées et de créer un réseau mafieux dans plusieurs secteurs au détriment de la protection des Civiles et des opérations militaires..
Des accusations de tribalisme et de clientélisme
Dans sa déclaration, le CSCA-C formule également de graves accusations concernant les nominations et affectations au sein de l’administration provinciale. Il affirme que certaines décisions seraient influencées par l’appartenance tribale et politique.
À titre d’exemple, le CSCA-C cite une commission d’affectation collective portant le numéro 10/ES/040/CAB/GP-NK/2026 du 6 mai 2026, concernant le bureau de liaison de la province du Nord-Kivu à Butembo. Selon le collectif, les dix personnes concernées appartiendraient à une même communauté.
Le CSCA-C affirme par ailleurs que certains dossiers de personnes décorées pour leur mérite, transmis par la Chancellerie des ordres nationaux, auraient été bloqués car n’étaient pas de sa communauté.
« Aucune politique de développement » : le CSCA-C charge l’administration provinciale
Sur le plan du développement, le collectif reproche également au gouverneur militaire de ne pas avoir suffisamment impulsé de nouveaux projets et de ne pas avoir achevé certains programmes hérités de son prédécesseur.
Le CSCA-C dénonce aussi la persistance de barrières qu’il qualifie d’illégales et de lieux de tracasserie sur certains axes routiers. Il cite notamment une barrière située dans le territoire de Lubero, en direction de Kitshumbiro, où, selon ses allégations, certains voyageurs détenant une carte d’identité du Sud-Kivu seraient soumis à des paiements allant de 10 000 à 20 000 francs congolais.
Le collectif va plus loin en annonçant avoir ouvert des investigations sur ce qu’il présente comme de possibles irrégularités dans la gestion de certains dossiers fonciers douaniers, notamment ceux relevant de l’Office congolais de contrôle (OCC). Il évoque également des soupçons d’attribution irrégulière de dossiers fonciers à des instances juridico-militaires. À ce stade, le CSCA-C précise lui-même que ses investigations sont encore en cours et qu’il compte publier ultérieurement.
Le CSCA-C réclame le départ de Somo Kakule
Face à ce qu’il considère comme une situation préoccupante, le collectif annonce avoir officiellement saisi la Présidence de la République et le ministère de l’Intérieur pour demander la relève immédiate du général-major Évariste Somo Kakule de ses fonctions de gouverneur militaire du Nord-Kivu.
Le CSCA-C demande également l’organisation d’un forum de paix consacré au Grand Nord-Kivu, réunissant notamment les notabilités de Beni, Butembo et Lubero, afin de rechercher des solutions aux massacres et à l’insécurité qui frappent cette partie de la province.
Parmi ses autres recommandations figurent l’audit des nominations, des dossiers fonciers et douaniers, ainsi que l’examen des dossiers de personnes décorées pour leur mérite. Le collectif réclame enfin la suppression des barrières qu’il considère comme des points de rançonnement.
Le CSCA-C conclut sa déclaration en affirmant qu’il entend poursuivre son action de surveillance citoyenne et qu’il ne restera pas silencieux face à ce qu’il considère comme des dérives dans la gestion de la province.


Kahambu Marthe