Des nouvelles atrocités du M23 : recrutements forcés, nouvelles taxes exorbitantes et risque d’escalade militaire, Jean-Luc Mukanda alerte

La situation sécuritaire continue de se détériorer dans l’Est de la République démocratique du Congo, particulièrement dans les zones sous contrôle des rebelles du M23, appuyés, selon plusieurs sources locales, par des éléments des Forces de défense rwandaises. Les alertes se multiplient, faisant état de graves violations des droits humains et d’une pression accrue sur les populations civiles.

Recrutements forcés et violations du droit humanitaire

Dans une déclaration rendue publique ce dimanche, l’activiste des droits humains Jean-Luc Mukanda dénonce une campagne de recrutements forcés en cours dans l’agglomération de Minova, située dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu.

Selon des témoignages concordants, des combattants armés parcourraient les quartiers, allant de maison en maison, pour enrôler de force des jeunes et des adultes, y compris des mineurs. Une pratique qui constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et des conventions relatives à la protection des civils en période de conflit.

Outre ces recrutements, plusieurs sources locales rapportent des exactions graves : meurtres ciblés, pillages systématiques, incendies d’habitations, violences sexuelles contre les femmes et exploitation illégale des ressources naturelles. Des actes qui aggravent la vulnérabilité d’une population déjà éprouvée par des années de conflit.

Une pression économique accrue : de nouvelles taxes imposées

Parallèlement à ces violences, les populations vivant dans les zones sous contrôle rebelle sont soumises à une fiscalité parallèle jugée abusive. De nouvelles taxes ont été instaurées, notamment :

10 dollars américains pour l’enregistrement individuel

222 dollars pour l’acquisition d’une nouvelle plaque de véhicule

Assurance obligatoire : 120 dollars pour les chauffeurs et 135 dollars pour les travailleurs

Ces prélèvements, imposés sans cadre légal reconnu, accentuent la précarité économique des ménages et suscitent une vive inquiétude au sein des communautés locales.

Risque d’extension du conflit vers le Nord-Kivu

Sur le plan militaire, des mouvements inquiétants sont signalés dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Des sources locales évoquent un renforcement significatif des positions rebelles, avec l’acheminement d’armes lourdes et de nouveaux effectifs.

Des informations persistantes font état d’une possible stratégie offensive visant les villes de Butembo et Beni, deux centres urbains stratégiques de la région. Un autre élément préoccupant réside dans l’usage présumé de tenues des Forces armées de la République démocratique du Congo par certains combattants, dans le but de semer la confusion parmi les civils et les forces loyalistes.

Appel à la vigilance et à une action urgente

Face à cette situation, Jean-Luc Mukanda appelle les populations de Goma, Bukavu, Nyiragongo, Lubero, Masisi, Kalehe, Walikale, Walungu et Uvira à faire preuve d’une vigilance accrue et à maintenir leur résilience.

Il déplore également le silence de certains acteurs médiatiques et communicants congolais face à ces violations, les exhortant à prendre position clairement contre ces abus.

Enfin, l’activiste lance un appel pressant aux autorités nationales ainsi qu’à la communauté internationale pour accélérer les initiatives de paix et mettre fin à la souffrance persistante des populations de l’Est du pays.

« Trop, c’est trop. Le peuple en a assez », conclut-il.

La situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure extrêmement volatile. Les populations civiles sont appelées à la prudence maximale face aux risques d’escalade et aux multiples menaces en présence.

Mubikwa Landry à Beni

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