À l’occasion de la Journée nationale de commémoration des victimes du Génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST), célébrée ce dimanche 2 août à travers la République démocratique du Congo, l’activiste Oline Balume, Secrétaire exécutive du Collectif des Victimes de l’Agression Rwandaise (CVAR), a livré un plaidoyer poignant en mémoire des millions de Congolais tués depuis plus de trois décennies de violences dans l’Est du pays.
Prenant la parole au nom du CVAR, Oline Balume a rendu un hommage solennel aux victimes des massacres, des déplacements forcés, des violences sexuelles et des nombreuses atrocités qui ont endeuillé la RDC depuis 1996. Pour elle, le GENOCOST représente bien plus qu’une simple commémoration : il constitue un devoir de mémoire nationale et un engagement collectif en faveur de la vérité, de la justice et de la non-répétition des crimes.

« Le 2 août est désormais un rendez-vous de la mémoire nationale. C’est un moment de recueillement en souvenir des millions de victimes, mais aussi un temps de solidarité envers les survivants, les personnes déplacées, les victimes de violences sexuelles, les orphelins et toutes les familles qui continuent à porter les lourdes séquelles de la guerre », a-t-elle déclaré.
Dans son intervention, l’activiste a rappelé que le Nord-Kivu demeure l’une des provinces les plus durement touchées par les violences armées. Elle a évoqué les massacres, le recrutement d’enfants, les destructions d’infrastructures et le pillage des ressources naturelles, estimant que ces tragédies imposent à la nation un devoir de préserver la mémoire des victimes tout en poursuivant les responsables devant la justice.

Oline Balume a également condamné les groupes armés et les organisations qu’elle juge responsables des violences perpétrées en RDC depuis plusieurs décennies, tout en soulignant que les différents rapports des Nations Unies documentent de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire. Elle a insisté sur la nécessité d’établir les responsabilités conformément au droit international, précisant que cette démarche ne vise aucun peuple, mais les auteurs, commanditaires, complices et soutiens des crimes commis contre les populations congolaises.
Au-delà du devoir de mémoire, la Secrétaire exécutive du CVAR a lancé un vibrant appel à l’unité nationale. Elle a exhorté les Congolais à dépasser les divisions politiques, ethniques, communautaires et religieuses afin de défendre ensemble la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

Dans cette dynamique de recherche de solutions durables, Oline Balume a recommandé que les victimes soient pleinement associées au processus de dialogue inclusif proposé par le Président de la République. Selon elle, une paix véritable ne peut être bâtie sans la participation active de celles et ceux qui ont directement subi les conséquences des conflits, afin que leurs voix, leurs attentes et leurs aspirations soient prises en compte dans les décisions qui engagent l’avenir du pays.
Elle a salué les efforts du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans la recherche d’une paix durable, tout en exprimant sa reconnaissance aux Forces armées de la RDC, aux services de sécurité, aux autorités provinciales, aux Wazalendo ainsi qu’aux organisations humanitaires et aux défenseurs des droits humains qui accompagnent les victimes.

Poursuivant son engagement de proximité avec les communautés affectées par les violences, Oline Balume est également allée communier avec les familles pygmées de la ville de Beni, récemment endeuillées par les massacres attribués aux terroristes des ADF. À travers cette démarche de solidarité, elle a voulu témoigner de son soutien aux survivants et réaffirmer que toutes les victimes, sans distinction, méritent compassion, accompagnement et justice.
S’adressant enfin à la communauté internationale, Oline Balume a plaidé pour des actions concrètes en faveur de la protection des civils, de la lutte contre l’impunité et du respect de la souveraineté de la RDC.

Concluant son intervention, elle a rappelé que le GENOCOST ne nourrit ni la haine ni l’esprit de vengeance, mais constitue un appel à préserver la mémoire afin d’obtenir la vérité, la justice, la réparation des victimes et la garantie que de telles tragédies ne se reproduisent plus.
« Que la mémoire des victimes inspire notre courage et notre responsabilité. Que la justice éclaire notre avenir. Que la paix guide notre destin, pour que plus jamais la guerre ne soit l’horizon de nos enfants », a conclu Oline Balume.
Muller Mundeke Kalonji à Beni