L’activiste des droits humains Oline Balume monte au créneau après l’agression violente de deux femmes déplacées de guerre originaires de Goma, survenue mardi 12 mai 2026 à Mangina, dans la province du Nord-Kivu.
Profondément bouleversée par les images devenues virales sur les réseaux sociaux, Oline Balume exprime sa colère et son indignation face à ce qu’elle qualifie d’« acte barbare » visant des femmes déjà fragilisées par la guerre et l’exil.
Selon les informations recueillies, les deux victimes, venues de Goma et vivant en situation de déplacement, auraient été violemment tabassées par un groupe de jeunes alors qu’elles sollicitaient de l’aide auprès de la population locale. D’après la vidéo relayée en ligne, l’une des femmes serait issue de la communauté Hutu et l’autre de la communauté Hunde. Leur manière de parler ainsi que leur appartenance communautaire auraient déclenché cette agression en plein jour.
Voici la vidéo
Oline Balume dénonce le tribalisme et les discours de haine
Pour Oline Balume, cette scène traduit une montée inquiétante du tribalisme et des discours de haine dans certaines localités du Grand Nord, alors que toutes les communautés subissent pourtant les conséquences de l’insécurité provoquée notamment par les attaques des ADF et du M23.
« Nous avons reçu beaucoup d’indignations de la part des déplacés de guerre venus de Goma après la diffusion d’une vidéo montrant comment deux femmes sont sérieusement agressées à Mangina. On voit le sang couler, des femmes tabassées publiquement alors qu’elles demandaient simplement de l’aide », dénonce l’activiste.
Un rappel à la solidarité des habitants de Goma

Dans son intervention, Oline Balume rappelle également l’élan de solidarité et d’hospitalité dont avaient fait preuve les habitants de Goma envers les déplacés de guerre venus de plusieurs territoires et communautés du Nord-Kivu avant la chute de la ville entre les mains des rebelles.
Elle souligne qu’à cette période, de nombreuses familles déplacées avaient été accueillies sans distinction communautaire par les populations gomatraciennes. Selon elle, aujourd’hui que plusieurs habitants de Goma sont à leur tour contraints de fuir vers le Grand Nord à cause de la guerre, ils méritent la même compassion, la même protection et la même solidarité de la part des communautés hôtes.
Appel aux autorités et à la justice
Très engagée dans la défense des droits des déplacés et des populations vulnérables, Oline Balume appelle les autorités provinciales et nationales à agir sans délai afin de stopper les comportements discriminatoires et protéger toutes les victimes de guerre, sans distinction d’origine ou d’appartenance communautaire.
Elle estime que ces violences compromettent gravement la cohésion sociale et le vivre-ensemble dans une province déjà déstabilisée par les conflits armés et les déplacements massifs de populations.
L’activiste interpelle notamment le gouvernement provincial du Nord-Kivu, le ministère national des Affaires sociales ainsi que les organisations humanitaires afin qu’une assistance urgente soit accordée aux déplacés de guerre vivant dans des conditions difficiles.
Préserver l’unité nationale
Oline Balume invite également les Congolais à préserver l’unité nationale et à promouvoir les valeurs de solidarité et de fraternité.
« Personne ne choisit de quitter chez-soi pour devenir déplacé. Aujourd’hui cela touche certaines familles, demain cela peut arriver à n’importe qui », rappelle-t-elle.
Dans son plaidoyer, elle exige enfin l’ouverture rapide d’enquêtes afin d’identifier les auteurs de cette agression et de les traduire devant la justice, pour éviter que de tels actes ne se reproduisent dans la province.
Aux dernières nouvelles, une troisième femme victime de cette barbarie aurait succombé dans la même agglomération de Mangina.
Ivan Kambere à Butembo